le génocide
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" Ma femme bien-aimée Annie
Seras-tu vengée !
Ma petite fille Athalie,
Seras-tu vengée !
Les cendres de trois millions hommes,
femmes, enfants juifs, brûlés à Treblinka,
Serez-vous vengés ! "
Calel Perchodnik (1916 - 1944), Suis-je un meurtrier ?, Liana Levi, 1993.

 

 

 

Dès l'arrivé de Hitler au pouvoir, le 30 janvier 1933, les mesures antisémites vont en s'amplifiant : le boycott des magasins "juifs" le 1er avril 1933, les lois de Nüremberg interdisant aux juifs certaines professions, la fréquentation de certains lieux publics, les rapports sexuels et mariages avec "des sujets de sang aryen"... en 1935, et la nuit de cristal en 1938. C'est le début d'une longue persécution qui ne s'achèvera que par la Shoah : La mort pour les juifs.

 

2 enfants de 2 ans et 5 ans, déportés à Majdanek en mars 1944, gazés sur place. Photographie de février 1944.

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Pendant la guerre, le pouvoir nazi s'étend à une bonne partie de l'Europe : les juifs menacés sont de plus en plus nombreux. En Pologne, ils sont concentrés dans des ghettos où les conditions d'existences sont dramatiques. Régulièrement les ghettos sont vidés et les populations déportées vers la mort.

Hommes, femmes, enfants juifs, arrêtés lors du "nettoyage" du ghetto de Varsovie, conduits à
la mort, avril - mai 1943.
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Dans les territoires soviétiques, des troupes SS sont chargées d'exterminer les juifs : les Einsatzgruppen. Les meurtres sont massifs, frappent les hommes, les femmes ou les enfants qui sont exécutés par balle puis enfouis dans des fosses communes.

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Des policiers allemands et des
collaborateurs ukrainiens (en civil),
surveillent des femmes juives,
forcées de se déshabiller
avant d'être exécutées. 11 mai 1943


Les Tziganes sont aussi victimes de persécutions qui commencent par l'enfermement dans des camps de concentration. Mais les nazis veulent un Europe aryenne : c'est la mort systématique qui les attend.

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Vue de Birkenau, 1945

 

Les camps de la mort (Vernichtungslager), ou centre de mise à mort, ne sont pas des camps de concentration : leur but n'est ni le travail forcé, ni l'emprisonnemment mais la mort immédiate par gaz.

Ils étaient le plus souvent situés sur des noeuds ferrovières ( sauf Chelmno) afin de faciliter le transport des juifs et Tziganes d'Europe ( en particulier à Auschwitz II - Birkenau). Ceux-ci, amenés par convois entiers des 4 coins du Reich et des pays occupés qui acceptaient leur déportation, voyageaient dans des conditions lamentables ( 100 dans des wagons prévus pour 40, pas d'eau, peu d'air...) durant des jours et des nuits.

Des juifs du ghetto de Lodz, en Pologne, montent dans des wagons de marchandise pour être déportés à Chelmno. 1942-1944 02625deportationChelmno.jpg (81644 octets)
Des déportés du ghetto de Lodz arrivent à Chelmno. 1942 790761942arriveechelmno.jpg (50207 octets)

 

Dans l'Yonne, comme ailleurs en France, la déportation des juifs se fait activement, grâce à la collaboration d'une très grande partie de l'administration. Le tableau récapitule les dates des arrestations à partir de 1942, les sexes et les âges des déportés.

 

Date des arrestations

Effectif des sexes

masculin         feminin

Le plus        jeune         

Le plus      âgé         

12 juillet 1942 (vers Pithivier)

21

21

16 ans 45 ans
9 octobre 1942 (vers Drancy) 20 17 6 ans 74 ans
16 mars 1943 (vers Drancy) 2 1 3 ans 10 ans
28 octobre 1943 (vers Drancy) 2 4 7 ans 80 ans
24,25,26 février 1944 (vers Drancy) 27 28 5 ans 79 ans
24 avril 1944 (destination non mentionnée) 3 6 9 ans 78 ans

 

Ces arrestations se décomposent de la façon suivante : 79 personnes en 1942 ; 9 personnes en 1943 ; 64 personnes en 1944.
Les enfants ou les vieillards sont déportés sans aucun scrupule, bien qu’ils ne puissent absolument pas être un danger pour l’armée allemande : cette volonté de destruction de tout un peuple se retrouve dans toute l’Europe occupée,  dans l’Yonne comme ailleurs l’extermination raciale devait s’accomplir.

 


A leur arrivée dans le camps, les déportés sont accueillis par les SS qui les attendent avec des chiens dressés pour tuer et les détenus du   Sonderkommando . Les déportés doivent  descendre leurs morts du wagon, des détenus du Sonderkommando se chargent de leur crémation.

 

Les nouveaux arrivants sont ensuite dépouillés de tous leurs biens qui sont triés  (dans la partie du camp intitulé "Canada" à Auschwitz). Les objets de valeurs (bagues, colliers, bracelets, monnaie...) sont envoyés, après que l'or ait été fondu s'il le faut, expédiés en lingots à la Reichsbank afin d'acheter ensuite des munitions pour les soldats du front, les montres peuvent servir de cadeaux pour des SS. Les jouets des enfants sont offerts aux enfants des officiers SS. Les habits sont eux aussi recyclés, les lunettes, les chaussures, les jouets et objets personnels...tout pour la richesse du grand Reich.

 

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Entrepôt rempli de chaussures et de vêtements
volés aux déportés gazés dès leur arrivée.

 

A Auschwitz II - Birkenau ou Majdanek - Lublin, ainsi dépouillés du peu qu'il leur reste, les "juifs" ou les "tziganes" défilent nus devant des médecins SS : première selection, la vie, la mort ? Les femmes avec des enfants et les vieillards sont généralement voués aux chambres à gaz. Les plus costauds sont "conservés", temporairement, pour finir à leur tour gazés, une fois devenus  " improductifs ".

 

 

A Chelmno, Belzek, Sobibor, Treblinka, seul un petit groupe de détenus est conservé afin de ramasser les corps gazés, arracher les dents en or, brûler les cadavres. Ces détenus ne survivent que d'un ou deux convois de plus que leurs compagnons.

 

 

Les SS racontent aux groupes conduits vers les chambres ou les camions (pour Chelmno) à gaz qu'on va leur faire prendre une douche pendant qu'on désinfecte leurs vêtements pour éviter la panique : la panique "gêne" le bon déroulement des exécutions. Mais les déportés sont conduits au trot vers leur fin afin de les épuiser et qu'ils soient essouflés. Ainsi ils inspirent plus rapidement le gaz toxique.

 

 

Avant le gazage, les "juifs" ou les "tziganes" sont rasés, les cheveux récupérés servent à faire des chaussettes, des feutres, des couvertures ... Un kommando est chargé d'inspecter leurs bouches et de marquer ceux qui ont des dents en or de peinture afin de faciliter le travail au Sonderkommando chargé de les récupérer (mais cela ne se fait pas systématiquement).

 

 

Les déportés entrent dans la chambre à gaz ou sont chargés dans la cabine du camion à gaz. Un SS a la responsabilité d'assurer le gazage. On attend ensuite que le gaz ait fait son effet : aux environs de 30 mn pour les chambres au Ziklon B, plus longtemps pour les autre gaz ( gaz d'échappement au monoxyde de carbone). Ensuite,   les portes sont ouvertes pour aérer et pour que le Sonder - kommando puisse entrer en action. Dans le cas de Chelmno et des camions à gaz, il pouvait, au bout de ce temps rester des personnes qui n'étaient pas tout à fait mortes. Elles étaient brûlées vivantes.

 

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Le Zyklon B


Dans les chambres à gaz, on pouvait observer une montagne de corps : les plus forts montaient sur les faibles afin de gagner l'air, mais le gaz les gagnait à leur tour. S'ils en avaient eu le temps ils se seraient rendus comptes que s'étaient leurs enfants, leur parents qu'ils piétinaient.
Le Sonderkommando était donc chargé de récupérer l'or des bouches des cadavres. Après, il devait sortir les corps de la chambre ou du camion et les conduire aux fours crématoires pour les brûler. Tout ce qu'il restait de ces morts était transformé en cendres dispersées au grès du vent. Comme on disait à Auschwitz :"Ici on rentre par la porte, on sort par la cheminée".

 

Pendant ce temps un Kommando était chargé de nettoyer les wagons qui avaient servi de transport pour les déportés, les chambres ou les camions étaient eux aussi lavés. Un nouveau transport pouvait être "traité".

 

 

La Shoah, a couté la vie à au moins 5 millions de personnes qui avaient commis le crime de naître juive !
Le génocide qui s'est appliqué aux tziganes à fait au moins 200 000 morts.

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Toutes les photographies sont la propriété de l'USHMM (United States Holocaust Memorial Museum)