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La guerre est terminée. Les nazis sont morts. Tout est-il à oublier ?
Au procès de Nuremberg, le
but fut de juger les criminels nazis. Comment peut-on juger ce crime ? A la fin de la guerre , à la libération des camps , le monde a soif de justice . Certains dignitaires nazis furent emprisonnés . Pour frapper les consciences , les américains décident de les juger à Nuremberg , capitale de l'antisémitisme nazi ( c'est là qu'eut lieu chaque année le congrès du parti nazi et que furent votées les lois antisémites de Nuremberg en 1935 ), par un tribunal international militaire , composé des 4 grandes puissances mondiales : les USA, l'URSS la France et la Grande Bretagne .
Motifs d'inculpation : Peines prononcées :
Seules deux personnes admettront une part de responsabilités et des regrets pour leurs actions : Baldur von Schirach , le chef des Jeunesses Hitlériennes , et Speer le ministre de l’économie (tous deux condamnés à 20 ans de prison) Notre devoir Notre devoir est de perpétuer la mémoire en jugeant toujours les criminels nazis, en continuant les recherches afin de prouver que toutes les victimes du nazisme ne sont pas mortes dans l’oubli. Lorsqu’on puni un coupable, on se base par rapport à la faute qu’il a commise donc sa punition doit-être proportionnelle à cette faute. Dans le cas du crime contre l’humanité, que représente la poignée de fonctionnaires zélés, aujourd’hui capturés, comparés à l’étendue de leurs crimes ? Comment peut-on infliger une punition proportionnelle aux crimes lorsque le nombre de victimes est énorme ? Existe-t-il une loi faisant mention d’une punition juste pour un tel crime ?
A qui peut-on rendre justice ? A toutes les victimes du nazisme. Les nazis auraient voulu faire des enfants aryens des soldats antisémites qui serviraient leur idéologie. Bien sûr la mort d’un innocent ne peut être remplacée par la mort d’un nazi. Combien y a-t-il eu de morts pour un seul nazi. Combien d’hommes devrions-nous tuer pour remplacer tous les autres morts ? La justice ne peut donc être la vengeance.
Comment peut-on rendre justice ? Il faudrait éduquer les enfants pour leur ôter cette idéologie de haine de la tête. En les rendant plus tolérants envers les autres, le risque de revivre une telle horreur serait alors atténué.
Il ne faut pas se venger, pour éviter de nouveaux crimes contre l’humanité. D’un côté, cela apaiserait peut-être ceux qui ont vu leur famille souffrir et /ou mourir, sans pouvoir faire quelque chose pour les sauver, mais ce serait se ranger au même rang que les nazis. Lors de la découverte des
camps par les soldats russes, français, américains ou britanniques, la surprise fut grande et les réactions peut-être trop promptes :
Des films sont tournés, des détenus témoignent des atrocités, dénoncent leurs bourreaux et montrent aux Américains le fonctionnement des fours crématoires. C'est la rééducation brutale. Au 15 avril 1945, on croit Bergen-Belsen le pire exemple de la brutalité nazie. Emma Bruchard, déportée à Buchenwald puis à Ravensbrück, et Jean Léger, déporté au Struthof puis à Dachau, ne veulent pas se venger. Ils pensent que la vengeance c’est la haine et que haïr serait être comme les nazis. Ils espèrent seulement que ce sera une leçon pour les enfants. Un policier juif du ghetto d’Otwock près de Varsovie, Calel Perechodnik, qui raconte en 1943, dans ses mémoires (qui sont parues aux éditions Liana Levi, sous le titre " Suis-je un meurtrier?" ) comment il se sent responsable de la mort de sa femme et de sa fille de 2 ans déportées à Treblinka a une réaction absolument différente vis à vis de la vengeance. Il écrit « De toute ma vie je n’ai jamais levé la main sur mon prochain mais je sens que j’arrêterais alors de boire de l’eau et n’étancherais ma soif qu’avec du sang allemand, surtout celui des enfants en bas âge. Je prendrais une revanche au centuple pour ma fille, pour tous les enfants juifs. » Calel Perechodnik ne croit plus en Dieu ni en la justice des hommes, il ne lui reste que la vengeance. Il n’a vécu pendant une année que pour écrire ses mémoires et les déposer chez quelqu'un de confiance pour laisser quelque chose derrière lui pour que les nazis n'aient pas effacé toute trace des juifs : ses mémoires sont sa vengeance. Comment raconter ? Revenus de leur détention, les déportés ont cherché à faire ressentir ce qu’ils ont vécu. Les gens au début ne les avaient pas crus, disant qu’ils avaient inventé toutes ces histoires. Emma Bruchard, déportée à Ravensbrück puis à Buchenwald, le dit dans son interview : "Et quand je suis arrivée à Migennes, ben c'était une abrutie qui était arrivée à Migennes. Et puis quand on a voulu raconter ça, ce qu'on avait subi, ce qu'on avait vu, ce qu'on a... enfin tout ça, ils nous ont pris pour des fous. Ah ! Ils nous ont pris pour des fous ! Ah ! mais je ne suis pas la seule …les autres aussi ! Alors on s'est renfermés. Et on n'a plus rien dit ! Et alors c'est après, au fur et à mesure que les troupes arrivaient pour libérer les camps qu'ils se sont rendu compte des charniers, parce que c'était avec les pelles mécaniques, vous savez … des trous, et on lançait les cadavres comme ça, les jetait comme ça … et tout ça ; c'est là qu'ils se sont rendu compte… mais nous on a été bloqués, parce que d'accord ; on était en mauvais état mais je ne vois pas pourquoi on aurait raconté des choses pareilles ! Le fait est que ce n'est pas crédible, hein, quand on ne l'a pas vu, ce n'est pas crédible tout de suite ! Vous, maintenant que vous l'avez vu à la télévision, vous avez lu des livres, bon maintenant vous comprenez un peu. Mais à ce moment là, ils nous ont pris pour des fous ! Alors ça … ça nous a fait mal, ça. Ça nous a blessés tous ! On est tous blessés, vous savez. C'est choquant." N’ayant pas de soutien, ils ont cherché à s’exprimer autrement : par le dessin (ex : Paul Goyard déporté à Buchenwald, Léon Delabre déporté à Dora ou encore David Olère), au moyen de poêmes (ex : André Doyen), ou par des livres ou encore par des gravures (ex : Adam Jerzy).Certains écrivent tout de suite tandis que d’autres ont choisi d’en parler plus tard afin d’oublier cette période de leur vie. Art Spiegelmann, juif américain,
raconte le drame de son père, Vladek, dans la Pologne d'avant et d'après l'invasion
allemande : alors qu'il était un beau jeune homme qui travaillait, marié à une jeune
femmes intelligente, attachante et riche, les troupes allemandes envahissent la Pologne,
peu après la naissance de leur premier enfant. A partir de là, ils tentent d'échapper
aux restrictions imposées aux "juifs" par les nazis, en se cachant, en confiant
leur unique enfant à de la famille pour le protéger (il mourra pendant la guerre tout de
même). Toute l'histoire est racontée en
B.D. : les personnages, suivant s'ils sont juifs, allemands, polonais, français,
américains, etc sont représentés respectivement par des souris, des chats, des cochons,
des grenouilles, des chiens et autres animaux. Cette façon de représenter les
personnages suivant leur nationalité insinue peut-être que leur sort était lié à leur
appartenance.
Jean Léger attend 1998 pour écrire son livre. Pourquoi ? Il répond : " Avant je ne voulais pas en parler. Savez-vous que mes enfants ont appris ça avec mon livrre ? En fait j'ai voulu couper tous les liens avec ce monde." L'autre difficulté c'est de faire comprendre l'horreur des camps nazis à ceux qui ne l'ont pas vécu, pour Jean Léger jamais l'expérience ne pourra être complètement transmise : les mots ne peuvent pas décrire l'horreur.
Une prise de position "Je ne crois pas qu'il faille pardonner. Pardonner repousserait à d'autres limites l'impardonable. Et qu'est-ce qui est pire qu'éliminer un tiers d'un peuple ? Eliminer les deux autres tiers en plus ? Me répondra-t-on ? Mais les nazis n'auraient-ils pas éliminé les deux autres tiers s'ils en avaient eu le temps et les moyens ? Si éliminer un tiers des "Juifs" est pardonnable, pourquoi se seraient-ils arrêtés et quand leur aurait-on signalé la limite du pardonnable ? Pourquoi pardonner alors pour un tiers de juifs exterminés et ne pas pardonner pour tous les massacres ? pourquoi fixer une limite à l'intérieur du génocide ? On ne doit pas pardonner plus pour un tiers que pour la totalité car l'intention compte et jamais les nazis ne se seraient satisfaits du tiers sans massacrer l'ensemble. Notre devoir est de perpétuer la mémoire en jugeant toujours les criminels nazis, en continuant les recherches, afin de prouver que toutes les victimes de la barbarie ne sont pas mortes dans l'oubli et que nous leur rendons justice. Bien sûr la justice ne peut-être pour un mort innocent un autre mort nazi car combien un seul nazi a-t-il de morts sur la conscience ? Combien de fois devrait-on tuer cet homme ? Combien y a t-il eu de nazis derrière une mort de déporté ? Combien d'hommes devrait-on tuer pour rendre justice aux victimes du nazisme ? La justice ne peut donc être la vengeance. Mais quelle justice existe-t-il contre ce crime ? J'approuve Vladimir
Jankélévitch lorsqu'il dit dans son livre "L'imprescriptible", "Oublier
ce crime gigantesque contre l'humanité serait un nouveau crime contre le genre
humain", car : ne dit-on pas que le silence est le plus grand des
En conclusion Malgré le procès de Nuremberg et les nombreux autres procès fait aux nazis, une menace fasciste existe toujours. A Paris, le 20 novembre 1999 plusieurs anciens déportés ont été attaqués par des néonazis. En Autriche, un parti extrémiste de droite a réussi à arriver au pouvoir. En France, certains tiennent des discours qui ne sont pas rassurants pour la démocratie. Ils sont racistes, détestent les immigrés, les étrangers mais ils seraient contents d'aller se réfugier dans un pays en paix si, en France, ils étaient menacés. Aux Etats Unis, il existe toujours un parti nazi. Sur internet il y a des sites nazis. Malgré les textes, les films… il y a encore des personnes qui nient l’existence de l'Holocauste. Ils prétendent que les juifs ont inventé toute cette histoire pour gagner de l'argent !
La guerre mondiale est finie les camps ne sont
plus que des lieux de souvenir et ils peuvent sembler bien loin ... Pourtant les haines
racistes existent toujours.
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